• Notre système éducatif actuel est construit sur le modèle de la révolution industrielle et se concentre sur le QI, en particulier la mémorisation et la normalisation ;
  • Nous devons actualiser l'enseignement en tenant compte de la préparation à l'emploi, de la capacité à concurrencer les machines intelligentes et de la création de valeur économique à long terme ;
  • L'accès à l'éducation, ainsi que l'équité et la qualité de l’enseignement doivent être améliorés pour résoudre la crise mondiale de l'éducation - 72 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne sont pas scolarisés.

L'éducation est aujourd'hui en crise. Même avant la pandémie de coronavirus, dans de nombreuses régions du monde, des enfants qui devraient être scolarisés ne le sont pas ; et pour ceux qui le sont, leurs écoles manquent souvent de ressources pour dispenser un enseignement adéquat. À une époque où un enseignement de qualité est sans doute plus vitale que jamais, ces enfants passent à côté de l'éducation nécessaire pour mener une vie épanouissante à l'âge adulte et pour participer et contribuer à l'économie mondiale.

Historiquement, l'éducation a été le pont le plus court entre les nantis et les démunis, apportant progrès et prospérité aux individus et aux pays, mais le système éducatif actuel commence à trahir son âge. Fondé à une époque où les industries avaient besoin de travailleurs possédant un ensemble relativement fixe de compétences et de connaissances, il perd de sa pertinence à une époque d'innovation, de rupture et de changement constant, où l'adaptabilité et l'agilité d'apprentissage sont essentiels.

Notre système éducatif actuel, construit sur le modèle de la révolution industrielle, se concentre sur le QI, en particulier la mémorisation et la normalisation - des compétences qui seront facilement et efficacement supplantées par l'intelligence artificielle et augmentée (IA), où le QI seul ne suffit pas. Un bon mélange de QI (intelligence) + QE (intelligence émotionnelle) + QR (résilience) est essentiel pour libérer le potentiel d'un élève.

L'évaluation de notre système éducatif actuel en fonction de trois critères - la préparation à l'emploi, la capacité à concurrencer les machines intelligentes dans son travail et la création de valeur économique à long terme - révèle ce qui suit :

Nous devons préparer les étudiants à des emplois qui n'ont pas encore été créés et à devenir des entrepreneurs. Ce que nous devons apprendre, comment nous l’apprenons et le rôle de l'enseignant, tout cela doit changer.

Aux États-Unis, la dette étudiante de 1,5 billion de dollars est la deuxième dette la plus élevée après les hypothèques résidentielles. Les frais de scolarité étant estimés à plus de 100 000 $ par an, l'endettement des étudiants sera terrible pour les générations futures. Même Barack Obama a, paraît-il, remboursé des prêts étudiants à plus de 40 ans. Un jeune diplômé universitaire moyen gagnant 48 400 $, de nombreuses personnes finiront de rembourser leurs prêts étudiants à la retraite, ce qui nuira à leur capacité d'épargner, d'acheter un logement, de subvenir aux besoins de leur famille et de participer à des projets philanthropiques.

Alors que nous travaillons à transformer l'éducation, nous devons également la rendre plus accessible. Selon l'UNICEF, plus de 72 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne sont pas scolarisés, tandis que 750 millions d'adultes ne savent pas lire et n'ont pas la possibilité d'améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs enfants. Alors que nous entreprenons la transformation de l'enseignement, la coordination de trois catégories cruciales (accès, équité, qualité/impact) est essentielle pour libérer le potentiel.

L'accès signifie veiller à ce que les apprenants du monde entier ne soient pas empêchés par certaines circonstances d'aller à l'école et de recevoir une éducation. L'accès à l'éducation est faible dans de nombreux pays en développement, mais des inégalités existent également au sein de pays développés socialement stratifiés, par exemple le Royaume-Uni. Comment rendre l'enseignement/l'apprentissage plus accessible ? Quel rôle la technologie peut-elle jouer ? Comment les pays, en particulier ceux en développement, peuvent-ils conserver les meilleurs talents pour assurer le progrès économique ?

L'équité signifie veiller à ce que chaque enfant dispose des ressources nécessaires pour se rendre à l'école et s'épanouir, quelles que soient les circonstances. Tandis que l'égalité signifie traiter chaque élève de la même façon, l'équité signifie veiller à ce que chaque élève ait le soutien dont il a besoin pour réussir. Les moteurs essentiels sont l'impartialité (veiller à ce que les circonstances personnelles et sociales n'empêchent pas les élèves de réaliser leur potentiel scolaire) ; et l'inclusion (établir une norme minimale de base pour tous les élèves, quels que soient leurs antécédents, leur sexe ou leur lieu de vie). Cela soulève plusieurs questions : comment sensibiliser les communautés ? Quel rôle la technologie peut-elle jouer dans la création d'un apprentissage personnalisé et différencié de façon à ce que tous les élèves reçoivent le type d'enseignement dont ils ont besoin pour réussir ?

La définition de qualité et de succès doit aller au-delà des résultats des tests standardisés, vers une mesure plus globale liée aux améliorations de la vie et à l'impact sur la société. Une éducation de qualité fournirait aux apprenants les capacités et les compétences nécessaires pour les rendre économiquement productifs, développer des moyens de subsistance durables, améliorer le bien-être individuel et contribuer à la communauté. Se concentrer sur l'impact aidera à oublier les comportements et les activités (aller à l'école et rentrer dans les cases) pour s’intéresser à des environnements de création de valeur (de l'apprentissage personnalisé et de l'orientation professionnelle à la préparation à l'emploi et au fait de devenir des citoyens du monde responsables).

Il est dans l'intérêt de tous de résoudre la crise mondiale de l'éducation :

  • Aux États-Unis, 13 millions d'élèves devraient abandonner l'école au cours de la prochaine décennie, ce qui coûtera 3 000 milliards de dollars au pays ;
  • Par rapport aux élèves qui abandonnent le lycée, les diplômés universitaires paient plus d'impôts, dépendent moins des programmes de protection sociale et sont moins susceptibles de commettre un délit ;
  • Une amélioration de 8 % des résultats du PISA aux États-Unis au cours des 20 prochaines années augmenterait le PIB d'environ 70 billions de dollars au cours des 80 prochaines années.

« Investir dans l'éducation est le moyen le plus rentable de stimuler le développement économique, d'améliorer les compétences et les opportunités pour les jeunes femmes et hommes, et d’avancer sur les 17 objectifs de développement durable », affirme le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Repensons donc l'éducation et l'apprentissage pour répondre aux besoins du XXIe siècle, et ouvrons ainsi la voie de l'éducation à l'accès à l’emploi et à l'indépendance économique.

Engageons-nous tous à contribuer collectivement à rompre les chaînes qui retiennent l'éducation. Mélangeons les leçons du passé avec la technologie du présent et de l'avenir pour véritablement transformer l'éducation, en donnant aux élèves la capacité de penser, d'apprendre et d'évoluer quels que soient les défis qui les attendent demain et de libérer leur potentiel au profit du monde.