Selon le recensement établi par le centre de réflexion économique Bruegel, le total des aides financières déployées par l'État français en réponse à la crise du coronavirus s'élève actuellement à plus de 622 milliards d'euros, soit un peu plus du quart du PIB national l'année dernière.

Le rapport révèle que la France aurait mobilisé un niveau relativement élevé de fonds rapporté à la taille de son économie en comparaison à d'autres pays. Les plans de sauvetage italiens et britanniques représentent par exemple 21 % du PIB des pays respectifs et le ratio est de 12 % aux États-Unis et en Espagne. Mais c'est l'Allemagne, avec plan estimé à plus de 2000 milliards d'euros, soit 60 % de son PIB, qui a pour le moment investi le plus massivement - rompant au passage avec son principe du « frein à l'endettement », qui lui interdit habituellement tout recours au déficit budgétaire.

Selon le détail publié par Bruegel en date du 18 avril, le plan français comprend près de 57 milliards d'euros d'aides directes (système de santé, chômage partiel, fonds de solidarité TPE, etc.), 288 milliards de reports en tout genre (charges, remboursements de prêts, etc.) et environ 338 milliards correspondant en grande partie aux garanties de prêts bancaires. Comme le montre notre infographie, la répartition des fonds accordés varie selon les États. Les financements immédiats sont par exemple les plus élevés en Allemagne, aux États-Unis et au Royaume-Uni, où ils représentent environ de 5 % à 7 % du produit intérieur brut - contre un peu plus de 2 % du PIB en France et autour de 1 % en Italie et en Espagne.