Mais ces derniers mois, nous avons été confrontés à une catastrophe planétaire. La rapidité, l'ampleur et l'intensité de la pandémie de COVID-19 nous ont pris au dépourvu, nécessitant une réaffectation des ressources ainsi que la conviction collective qu’il fallait limiter l'étendue des dégâts et faire reprendre le plus rapidement possible leur cours normal à l'économie et à la société.

Un système énergétique vulnérable

Les perturbations de la COVID-19 ont mis en évidence les vulnérabilités du système énergétique. Les perspectives à court terme de la transition énergétique sont par conséquent menacées. La vitesse et l'ampleur sans précédent de la baisse de la demande d'énergie, ainsi que la volatilité des prix et les implications géopolitiques qui l'accompagnent, ont déstabilisé le système énergétique mondial.

La résilience, non seulement des marchés et des infrastructures, mais aussi des politiques et des mécanismes de coopération sera essentielle pour accélérer la reprise de la transition énergétique.

Des signes de cette reprise se font déjà sentir, car la demande d'énergie semble redémarrer progressivement. Cependant, il pourrait s'écouler plus de temps avant que l'économie ne rattrape son retard.

La nouvelle normalité de plus en plus tumultueuse

La baisse de la consommation d'énergie a eu un effet immédiat sur l'environnement, car le ciel s'est dégagé même dans les zones les plus polluées de Chine et d'Inde. Il s’agit peut-être d’une bénédiction déguisée pour le programme de la durabilité environnementale, mais il ne faut pas la confondre avec le progrès ; elle démontre également le prix à payer pour une transition énergétique efficace.

L'indice de transition énergétique (ETI) du Forum Économique Mondial compare les pays en fonction des principes fondamentaux de la transition énergétique, ainsi que des performances de leur système énergétique en termes de croissance économique, de durabilité environnementale et d'accès et de sécurité énergétiques. L'analyse récemment menée pour déterminer l'indice de cette année présente des preuves de progrès progressifs solides dans la transition énergétique.

La France : un environnement propice à la transition énergétique

Depuis 2015, plus de 80 % des pays ont augmenté leur score ETI (Energy Transition Index). La France, qui occupe le 8ème rang sur 115 pays, est l'un des deux seuls pays du G20 dans le top 10.

Il est encourageant de constater que l'écart entre les économies émergentes et les principaux pays semble se réduire, mais il reste encore beaucoup à faire. Seuls quelques pays ont été en mesure de réaliser des progrès annuels constants sur l'ETI au cours des six dernières années, preuve de la complexité et des défis de la transition énergétique. Améliorer les niveaux de réglementation et d'engagement politique, les investissements et le développement technologique a été essentiel pour débloquer ces progrès à l'échelle mondiale.

Si la France obtient un score élevé dans les domaines de la sécurité énergétique et de la durabilité environnementale, la réduction des coûts des services énergétiques pour les ménages et les entreprises pourrait contribuer à débloquer de nouvelles améliorations.

En outre, la France présente un environnement propice à la transition énergétique, se classant 4ème à la sous-catégorie « préparation à la transition » de l'ETI. Des niveaux croissants d'engagement politique, de capitaux et d'investissement et un environnement commercial innovant ont été les principaux catalyseurs. Les prochains défis à relever seront de savoir comment rendre la transition énergétique plus inclusive et équitable.

Lorsque nous parviendrons enfin à mettre la tragédie mondiale de la COVID-19 derrière nous, il y aura peut-être de précieux enseignements à en tirer. Le défi de la transition énergétique est similaire à la pandémie en termes d'échelle, d'effet domino au sein des systèmes sociaux et économiques, plus graves pour les populations vulnérables, et de besoin d'une réponse décisive, opportune et concertée. Les acteurs doivent être conscients que la lutte contre la COVID-19 ne nous empêche pas de résoudre le casse-tête socio-économique crucial de la transition énergétique mondiale. Autrement, les pertes causées par le virus auront un impact encore plus grand sur l'humanité.