Des manifestations ont éclaté à travers le monde en réponse au meurtre de George Floyd, le 25 mai, aux États-Unis. Puis vint #blackoutTuesday, où les carrés noirs ont dominé les médias sociaux dans le but d’afficher son soutien au mouvement Black Lives Matter.

Bien que cela ait amélioré la prise de conscience, ce n'est que la première étape vers la lutte contre l'injustice raciale. La prochaine étape consiste à activement apporter un changement.

Voici quelques façons dont les entreprises peuvent montrer leur soutien au-delà des publications symboliques sur les réseaux sociaux. Elles peuvent jouer un rôle central dans le changement actif de leur lieu de travail.

1. Au-delà du black-washing

Défendre publiquement la diversité et l'inclusion devrait être plus qu'un simple exercice de marketing ; autrement, il s'agit simplement de Black Power-washing : lorsque les marques émettent des déclarations vides sur leur engagement envers les minorités ethniques sans montrer un réel engagement à changer leurs pratiques.

Le parrainage de Colin Kaepernick par Nike, qui a montré qu'une entreprise était prête à défendre la liberté d'expression lorsque la NFL et sa clientèle étaient divisées sur la question de l'injustice raciale, est un exemple parmi d'autres de la manière de défendre un véritable changement. Cette action impliquait de prendre un risque et de se mettre à dos certains des clients de Nike.

Se contenter d’afficher un carré noir sur Instagram pour retourner au statu quo le lendemain est hypocrite. Les entreprises devraient s'engager à faire partie de la solution.

À présent, nous savons tous qu'en tant que consommateurs, nous avons le pouvoir de voter avec nos portefeuilles. Cela signifie que vous pouvez rechercher activement des entreprises appartenant à des personnes noires auprès desquelles faire vos achats. Certaines listes peuvent éclairer vos dépenses : celles qui répertorient les entreprises soutenant les communautés noires et d'autres qui compilent les réponses à l'injustice raciale de la part de diverses marques.

2. Être une organisation antiraciste

Il y a deux raisons principales à l’antiracisme. La raison commerciale : l'idée selon laquelle éviter la discrimination relève du bon sens commercial. Et la raison morale : l'idée selon laquelle éviter la discrimination est la bonne chose à faire d'un point de vue éthique et légal.

Un antiraciste prend des mesures pour contester l'inégalité raciale. Éviter les préjugés inconscients que nous avons tous ne suffit pas. Être antiraciste, c'est s’exprimer et changer les inégalités structurelles au travail.

Cette année 2020 propulse sous les projecteurs les entreprises anti-fragiles, à savoir les organisations qui s'améliorent et sortent plus fortes des crises et du stress inhérent. Nous pouvons combiner « être anti-fragile » et « être anti-raciste ».

Comment votre organisation a-t-elle réagi aux crises récentes ? Découvrir des formes de racisme ou d'autres formes de discrimination dans votre organisation représenterait-il une opportunité de changement et d'amélioration ? Vos employés sont-ils libres de parler ouvertement de la discrimination ?

Favorisez-vous un environnement dans lequel vos employés se sentent autorisés à parler de discrimination?
Image : 5four/Webflow, FAL

3. Comprendre l'impact de l'intersectionnalité

Nous sommes tous divers et uniques. Cependant, pour certains, ces caractéristiques de diversité se combinent pour créer un cocktail toxique d'inégalités. L'inégalité raciale peut être aggravée par des problèmes de classe, de sexe et d'âge. Les mêmes efforts déployés pour promouvoir l'égalité sur la base d'une caractéristique devraient s'appliquer à tous.

Au Royaume-Uni, nous nous engageons désormais à signaler l'écart de rémunération entre les sexes. La prochaine étape consiste à signaler le salaire des différents groupes ethniques au sein d’une organisation.

4. Parrainer des réfugiés

Les groupes minoritaires sont touchés de manière disproportionnée par les conflits et la guerre et beaucoup deviennent des réfugiés qui ne peuvent plus être protégés par leur État. Les entreprises peuvent rejoindre les 150 lieux de travail, universités et groupes communautaires britanniques qui parrainent des réfugiés par le biais du programme citoyen britannique ou de programmes internationaux.

5. Réinventer ses pratiques d'embauche

La discrimination est toujours un facteur majeur du chômage des minorités éthiques. Pour réduire cela, vous pouvez investir dans des pratiques d'embauche à l’aveugle. La suppression des noms sur les CV est la première étape. Elle peut être suivie d'un audit de la diversité.

On peut s’interroger sur la diversité au sein des équipes prenant des décisions d'embauche. Faisons-nous de la publicité dans des endroits susceptibles d'attirer un bassin de talents diversifié ?

Enfin et surtout, on peut se demander si un entretien traditionnel est le meilleur moyen de sélectionner un candidat. Avons-nous envisagé d'autres méthodes ou produits de recrutement qui réduisent les préjugés ?

6. Soutenir la santé mentale au travail

Les minorités ethniques sont touchées de manière disproportionnée par les problèmes de santé mentale. La recherche montre que le racisme nuit à la santé mentale par le biais du chômage, du sous-emploi, du sexisme associé et de la baisse du capital social et politique.

Créer un environnement de travail favorable où les employés sont autorisés à avoir des conversations courageuses sur le racisme est un moyen pratique de soutenir vos collègues. Beaucoup de gens n’ont pas conscience qu'ils créent des environnements de travail hostiles où les employés ont peur de partager leurs expériences et de mettre en œuvre le changement. Votre lieu de travail dispose-t-il de ressources culturellement compétentes auxquelles les employés peuvent demander de l'aide ?

En gérant efficacement les pratiques de santé mentale, vous favorisez une culture qui soutient consciemment chaque personne.

7. Prendre conscience des privilèges

La diversité affecte tout le monde. Si vous avez l'impression de ne pas partager vous-même des caractéristiques diverses, parlez à vos collègues de vos privilèges et de la façon dont vous pouvez les utiliser. Vous demeurez un acteur important de la conversation.

À toutes les organisations qui ont soutenu le mouvement Black Lives Matter, je vous félicite. Maintenant, posez-vous la question, ainsi qu’à vos collègues, qu'allez-vous faire pour instaurer un véritable changement ?