La paix dans le monde a globalement reculé l'an passé, selon le Global Peace Index 2020, réalisé par l'Institute for Economics & Peace (IEP). Si le nombre de décès dus au terrorisme a continué de baisser — pour tomber à un peu plus de 8 000 en 2019, contre un pic de 33 555 en 2015 — les manifestations violentes se sont multipliées, notamment au Chili et à Hong Kong. Le nombre de troubles civils a ainsi doublé depuis 2011, avec 96 pays ayant compté au moins une manifestation violente en 2019, selon le think tank basé à Sydney, en Australie.

Ces troubles reflètent une tendance sur le long terme, dans la mesure où les émeutes dans le monde ont augmenté de 282% au cours de la dernière décennie, tandis que les grèves générales ont bondi de 821%. Et la pandémie de coronavirus ne devrait rien arranger. "Les pressions fondamentales de la décennie passée autour des conflits, des pressions environnementales et de la lutte socio-économique, restent d'actualité. Il est probable que l'impact économique de la crise du Covid-19 va amplifier ces tensions à cause de la croissance du chômage, de l'inégalité croissante et de la détérioration des conditions de travail", met en garde Steve Killelea, directeur exécutif de l'IEP.

De plus, la pandémie peut potentiellement "annuler des années de développement socio-économique", exacerber les crises humanitaires et aggraver des conflits déjà existants, relève le think tank. En raison de l'impact économique du confinement, l'aide internationale risque de se voir réduite à mesure que les économies des pays membres de l'OCDE se contractent. Les contributions pour les opérations de maintien de la paix des Nations Unies pourraient aussi fortement diminuer, alors qu'elles avaient progressé en 2019.

Dans le même temps, la crise économique et la chute du prix du pétrole peuvent avoir une influence positive sur les guerres par procuration, devenues plus difficiles à financer. "L'activité de l'Arabie Saoudite au Yémen, l'intervention russe et turque en Syrie et le soutien de l'Iran aux milices, comme le Hezbollah, seront tous des exemples notables à suivre au cours de l'année à venir", souligne l'IEP.

Si la paix s'est "détériorée" au cours des dix dernières années, la militarisation est en baisse dans le monde, avec 100 Etats ayant diminué leurs dépenses militaires depuis 2008. Le nombre de pays importateurs et exportateurs d'armes est également tombé à des niveaux jamais observés depuis 2009.

L'IEP évalue la militarisation de chaque pays à travers sept critères : les dépenses militaires en pourcentage du PIB, le nombre d'individus membres des forces armées pour 100 000 habitants, le volume d'armes conventionnelles importées mais aussi exportées pour 100 000 habitants, la contribution financière aux missions de maintien de la paix des Nations Unies, les capacités en armes lourdes et nucléaires et, enfin, la facilité d'accès aux armes légères et de petits calibres.

Voici, selon son évaluation, les 10 pays les plus militarisés au monde en 2019 :

10. Irak

Ameer Al Mohammedaw/ Getty Images
Ameer Al Mohammedaw/ Getty Images
Image : Un membre des forces de l'ordre lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Bagdad, en Irak, le 25 novembre 2019.

9. Libye

Image : REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

8. Syrie

Image : REUTERS/Khalil Ashawi

7. Arabie saoudite

Image : Pixabay

6. Oman

Image : Pixabay

5. France

Image : REUTERS/Emmanuel Foudrot

4. Etats-Unis

Image : REUTERS/Ognen Teofilovski

3. Corée du Nord

Image : KCNA/via REUTERS

2. Russie

Image : REUTERS/Alexey Pavlishak

1. Israël

Image : REUTERS/Raneen Sawafta

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