Au début de la crise du coronavirus, les experts l'ont évoqué : la réduction des barrières entre les Hommes et les animaux sauvages augmente les risques de pandémie. Mais une nouvelle étude montre aujourd'hui qu'au-delà de cette problématique particulière, la dégradation de l'écosystème rend aussi plus difficile la régulation des maladies.

Les maladies infectieuses sont de plus en plus nombreuses à passer des animaux sauvages aux Hommes. En cause, nos sociétés qui exploitent de plus en plus le milieu naturel et font tomber les barrières. Dernier exemple en date, le coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19. Plus alarmant encore, une étude de chercheurs de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) qui montre aujourd'hui que biodiversité et risques de propagation de nouvelles maladies sont très étroitement liés.

« Les écosystèmes limitent naturellement le transfert de maladies des animaux aux humains », explique Mark Everard, chercheur, dans un communiqué de l’université. Mais la dégradation des écosystèmes -- par la déforestation, le changement d'affectation des terres ou l'intensification agricole, par exemple -- nous fait perdre cet avantage.

Ce schéma montre comment la dégradation de l’écosystème impacte le risque de pandémie. D’une part, en augmentant le risque de transmission des animaux aux Hommes, et d’autre part, en compromettant les mesures de limitation de la transmission interhumaine.
Ce schéma montre comment la dégradation de l’écosystème impacte le risque de pandémie. D’une part, en augmentant le risque de transmission des animaux aux Hommes, et d’autre part, en compromettant les mesures de limitation de la transmission interhumaine.
Image : © Mark Everard et al., University of the West of England

Après le coronavirus, reconstruire mieux

D'autant que la dégradation de l'écosystème compromet la sécurité hydrique, limitant la disponibilité d'une eau adéquate pour une bonne hygiène des mains ou un assainissement et un traitement des maladies. « Le risque de maladie ne peut être dissocié de la conservation des écosystèmes et de la sécurité des ressources naturelles », prévient le chercheur.

Mais la vitesse à laquelle des mesures ont été prises pour lutter contre la propagation du coronavirus à de quoi laisser optimiste. « Un changement systémique radical devrait également être possible pour faire face à d'autres urgences telles que l'urgence climatique ou la menace d'une nouvelle extinction de masse », remarque Mark Everard. Selon les chercheurs, la leçon à tirer de la pandémie de Covid-19 est que les sociétés du monde entier doivent « reconstruire mieux », notamment en protégeant et en restaurant les écosystèmes endommagés.

À découvrir aussi sur Futura-Sciences :

- Le Forum FS Génération

-Tous les articles de la rubrique Sciences