• La pandémie de COVID-19 a provoqué une utilisation et dépendance accrue d'internet car les personnes ont besoin de travailler et d'apprendre de chez eux.
  • Les cyberattaques ont également augmenté dans le monde entier pendant la crise
  • Les gouvernements peuvent s'attaquer aux problèmes de la cybersécurité après la pandémie s'ils collaborent en ajustant leurs cadres nationaux, en développant la coopération internationale et en unifiant les campagnes de sensibilisation.

La pandémie de COVID-19 a accéléré la transformation numérique et a intensifié la dépendance aux services digitaux. En raison des mesures de « distanciation sociale », l'adoption accrue du télétravail et de l'apprentissage à distance a entraîné une augmentation de 50 % du trafic de données sur certains marchés.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Pendant la crise, les cyberattaques se sont multipliées dans le monde entier, notamment envers les établissements de services de santé essentiels qui ont été la cible d'attaques de logiciels de ransomware.

Google a détecté une forte augmentation des sites de phishing depuis le début de la pandémie.
Google a détecté une forte augmentation des sites de phishing depuis le début de la pandémie.
Image : Atlas VPN

Dans le même temps, les gouvernements accordent aujourd'hui davantage d’attention aux outils et services numériques, en raison de leur plus grande utilisation. Cette conjoncture permettrait de faire face aux cybermenaces et d'unir les efforts afin de garantir un Internet ouvert, sûr, fiable et inclusif, ce qui aurait autrement pris beaucoup plus de temps.

En dépit des défis auxquels nous sommes confrontés actuellement, la communauté des internautes a la possibilité de s’unir davantage afin de garantir la sécurité, le respect de la vie privée et les droits numériques.

Toutefois, cette possibilité dépend de l'adoption, par les pays, de trois mesures spécifiques :

1. Adapter les cadres nationaux

Les pays doivent faire preuve de plus de souplesse dans la mise à jour ou l'élaboration de leurs stratégies nationales de cybersécurité, ainsi que dans leurs cadres juridiques et réglementaires en matière de cyberespace. Ces initiatives doivent adopter une approche multipartite, notamment en accordant une attention particulière à la mise en place de capacités de réaction aux incidents dans tous les secteurs. Les gouvernements ne peuvent pas agir seuls et la participation de la communauté technique et du secteur privé est essentielle à la mise en place de capacités de résilience efficaces.

L'harmonisation de la législation devrait également faire partie des priorités. Aujourd'hui, la Convention de Budapest est la convention la plus globale et la plus inclusive consacrée à la lutte contre la cybercriminalité. Elle a été ratifiée par 55 pays et 10 autres ont demandé à y adhérer. L'Organisation des États américains (OEA) recommande l’adhésion à cette Convention. Les organisations internationales et les pays devraient considérer cet instrument comme la possibilité d’établir une coopération internationale immédiate pour le partage d'informations et les enquêtes transfrontalières.

2. Renforcer la coopération internationale

Le partage d'informations ayant augmenté depuis l'éruption de la COVID-19, nous devons maintenir cette dynamique et la mettre en œuvre dans tous les domaines liés au cyberespace. La cybersécurité exige une coopération internationale et il est nécessaire d'accroître la confiance, à tous les niveaux, entre les pays et les entreprises. Demain, un nouveau « virus » ou « ennemi commun » apparaîtra dans le cyberespace. Notre collaboration aux niveaux politique, technique et répressif, sera donc essentielle pour nous protéger et nous permettre de travailler ensemble à la recherche d'une solution.

Un bon exemple de coopération internationale est celui du réseau continental CSIRTAmericas. Il s’agit d’une communauté d'équipes d'intervention en cas d'incidents informatiques (CSIRTs) dans l'hémisphère occidental. Lors de scénarios de crise comme celui de Wannacry, puis aujourd’hui avec la pandémie de COVID-19, cette communauté a pu se réunir virtuellement pour échanger des informations et des connaissances en temps réel pour faire face aux défis régionaux.

3. Unir les efforts de sensibilisation

Éduquer, éduquer et encore éduquer.

Personne n'est à l'abri d'un incident cybernétique ou d'un « mauvais clic ». Nous devons accroître les efforts de sensibilisation, pour tous les âges et à tous les niveaux, quel que soit le secteur d'activité. L’enseignement de la cybersécurité aux jeunes doit être une priorité. Dans cette ère de progrès technologiques rapides, les enfants doivent s'immerger dans la technologie dès leur plus jeune âge afin de commencer à acquérir les compétences dont ils auront besoin tout au long de leur vie. Néanmoins, il faut leur donner les moyens de tirer le meilleur parti de cette possibilité, tout en restant protégés et conscients des risques qu'ils encourent.

Les gouvernements et le secteur privé devraient unir leurs efforts et travailler sur des campagnes de sensibilisation communes. Des initiatives telles que « Stop. Pensez. Connectez-vous » pourraient servir de point de départ pour d'autres efforts. En outre, les utilisateurs ne devraient jamais être la dernière ligne de défense en matière de cybersécurité, car ils ont un rôle à jouer en matière d’éducation numérique ainsi que dans la divulgation des campagnes de sensibilisation. La cybersécurité est une responsabilité partagée.

Nous devons également promouvoir une approche de la cybersécurité qui tienne compte de l'égalité des sexes. Des organisations telles que la Commission interaméricaine des femmes, ont déjà reconnu les effets différenciés de la COVID-19 sur la vie des femmes, notamment sur l'augmentation de la violence faites à celles-ci et aux jeunes filles sur internet. En outre, les femmes supportent le poids important de l'impact économique de la pandémie, tout particulièrement en termes de chômage. Cela plaide en faveur de l'intégration des questions de genre dans nos politiques liées à la cybersécurité et à des possibilités d'emploi.

Alors que la pandémie de COVID-19 accélère la transformation numérique, il est essentiel que les pays examinent attentivement leur position en matière de cyberespace et mettent en œuvre des mesures concrètes afin de promouvoir un Internet fiable et digne de confiance. Ces trois actions stratégiques devraient constituer les premières étapes vers l'établissement d'un niveau plus élevé de confiance numérique afin de permettre un environnement de cybersécurité plus robuste après la pandémie.