Plusieurs experts ont lancé des avertissements vis-à-vis de la course effrénée pour le développement d'un vaccin contre le Covid-19, qui pourrait potentiellement déboucher sur des effets contre-productifs. En effet, un vaccin développé "à la va-vite" et faiblement efficace pourrait amener les sujets vaccinés à croire qu'ils sont immunisés contre le virus, entraînant une nouvelle vague potentielle d'infections. Cette mise en garde a récemment été formulée par le professeur Richard Peto de l'université d'Oxford et conseiller à l'Organisation mondiale de la santé, qui a notamment déclaré que le premier vaccin développé a de grande chance d'être distribué dans le monde entier, même s'il était peu efficace.

Cité par The Guardian, il a décrit la recherche en cours sur le vaccin comme "une grande ruée, une ruée quelque peu nationaliste, mais aussi quelque peu capitaliste", avant d'ajouter que "nous avons besoin d'un vaccin qui fonctionne et nous en avons besoin rapidement", mais "nous avons vraiment besoin de preuves suffisamment solides de son efficacité". Selon une étude récente d'Ipsos MORI, la prudence du professeur Peto est partagée par de nombreuses personnes à travers le monde. Comme le montre notre graphique, les populations de certains pays se montrent particulièrement prudentes à l'égard de ce futur vaccin et restent réticentes à l'idée de le prendre s'il était disponible, la grande majorité des personnes interrogées citant ses potentiels effets secondaires comme principale raison.

La Russie a récemment annoncé qu'elle avait l'intention de réaliser des campagnes massives de vaccination avec son vaccin Spoutnik V dès octobre, démarrant la production sans attendre les résultats définitifs de la dernière phase de tests. Alors que le doute plane toujours sur sa qualité et son efficacité, le sondage d'Ipsos MORI montre que les Russes sont particulièrement prudents à cet égard, puisque seuls 54 % déclarent qu'ils se feraient vacciner s'il était disponible. En France, la proportion de personnes qui accepteraient de le prendre est également relativement faible : 59 %. En Allemagne et aux États-Unis, environ deux tiers des répondants sont enclins à se faire vacciner. Toujours selon l'étude, les moins inquiets en la matière sont les Chinois, les Brésiliens, les Indiens et les Britanniques, avec des taux d'acceptation qui varient entre 85 % et 97 %.