*La collaboration en ligne pourrait préparer les élèves à acquérir les compétences nécessaires aux carrières modernes.

*Une catégorie croissante d'emplois exigera des employés qu'ils travaillent dans des équipes virtuelles, géographiquement éloignées.

*De nombreux étudiants pourraient avoir suffisamment de maturité, de concentration et d'autodiscipline pour apprendre par voie numérique.

Disons-le simplement : Il n'y a rien d'idéal à ce que les étudiants et les enseignants soient contraints, de manière si inattendue, à s'attaquer à l'apprentissage à distance - comme cela a été le cas pour des millions de personnes pendant la pandémie COVID-19.

Cela dit, il y a peut-être un côté positif concernant les salles de classe virtuelles et l'apprentissage à distance - malgré toutes les difficultés techniques que rencontrent de nombreuses universités et écoles pour les mettre en place dès cette année. En effet, comme les étudiants et les enseignants devront peut-être compenser les difficultés logistiques, la collaboration en ligne pourrait préparer les lycéens au type de sens de l'organisation, d'intelligence émotionnelle et d'autodiscipline nécessaires aux carrières modernes, en particulier celles qui favorisent la tendance croissante au travail en équipes distantes et réparties. Plus tôt les étudiants maîtriseront ces compétences, mieux ils se porteront lorsqu'ils atteindront le marché du travail.

De nombreuses personnes travaillaient à domicile au moins une partiellement avant la COVID-19. La pandémie n'a fait qu'accélérer cette réalité. En 2018, 70 % des personnes dans le monde faisaient du télétravail au moins une fois par semaine, et 53 % travaillaient en dehors d'un bureau traditionnel pendant au moins la moitié de la semaine, selon l'International Workforce Group.

Aux États-Unis, alors que la pandémie obligeait de nombreux employés à travailler depuis leur domicile, leurs employeurs ont été séduits par la productivité de leurs employés. A tel point que, 82 % des 200 chefs d'entreprise américains interrogés, début juin 2020 par Gartner, ont déclaré qu'ils avaient l'intention de donner aux employés la possibilité de travailler à domicile au moins une partie de la semaine après la pandémie ; 47 % ont déclaré qu'ils proposeraient le télétravail à 100 % du temps.

Les employeurs ne sont pas les seuls à être satisfaits : une étude de l'IBM Institute for Business Value (IBV) d'août 2020 a révélé que 67 % des personnes interrogées aux États-Unis préfèrent travailler à domicile, au moins une partie du temps. Cinquante pour cent des personnes interrogées souhaitent que ce soit leur principal mode de travail lorsque la pandémie prendra fin.

Les carrières traditionnelles de cols blancs ont été les premières à offrir une flexibilité géographique de travail, mais il existe une catégorie croissante de postes professionnels qui permettront également le télétravail et offriront une possibilité importante d'élargir l'accès à des carrières à croissance rapide et bien rémunérées. Ces emplois appelés "nouveaux cols", exigent souvent des compétences spécifiques et recherchées, acquises par le biais d'un apprentissage ou de diplômes obtenus à l'issue d'études pas automatiquement "traditionnellesé.

Dans ces fonctions, les employés peuvent s'attendre à travailler dans des équipes virtuelles géographiquement dispersées. Les membres de ces équipes devront savoir collaborer efficacement, effectuer des recherches et des analyses en ligne, utiliser des ressources telles que l'IA et le cloud, maîtriser les techniques d'expression orale et de présentation, suivre une formation continue, faire preuve d'intelligence émotionnelle et devenir plus motivés et proactifs.

Ces nouvelles compétences, à la fois douces et dures, sont réellement demandées. Une étude réalisée en 2019 par l'IBM IBV a révélé que les compétences comportementales étaient devenues encore plus prisées par les cadres que la perspicacité technique. En fait, l'étude a montré que la flexibilité et l'adaptabilité au changement sont désormais considérées comme les plus importantes, suivies de près par la gestion du temps et la capacité à travailler efficacement dans un environnement d'équipe. Le télétravail et les équipes dispersées exigent tous ces talents.

Bien avant la COVD-19, le travail à distance est même devenu une composante de l'expérience de stage des étudiants. Par exemple, pendant l'été 2019, dans une école P-TECH affiliée à IBM à Baltimore (qui fait partie d'un réseau d'écoles secondaires professionnelles et techniques publiques dans 24 pays, cofondé par IBM, qui offre des mentorats, des stages rémunérés et des diplômes universitaires gratuits), des étudiants stagiaires ont travaillé dans des locaux loués au sein d'un incubateur d'entreprises. Ils ont utilisé des outils de vidéoconférence et de collaboration pour travailler avec des collègues et des responsables d'IBM dans le monde entier.

Les professionnels continuent bien sûr à tirer un grand profit des contacts en personne, et cela ne changera probablement jamais. Il existe de nombreuses anecdotes concernant des rencontres dans les couloirs qui ont conduit à de nouvelles idées et à des innovations radicales. Il en va de même pour les éducateurs, qui bénéficient du développement professionnel en personne et du partage des meilleures pratiques. Mais les professeurs voient également un avantage à certains apprentissages à distance. Une enseignante d'une école P-TECH affiliée à IBM dans le Connecticut a observé que les cours par vidéoconférence ont eu des avantages inattendus au printemps dernier : elle a pu utiliser ces moments pour discuter plus intensément des lectures qui lui avaient été assignées. Les élèves ont pu affiner leurs compétences en matière de présentation et de projets de groupe. Et elle a pu apprécier davantage les défis personnels, auxquels certains de ses élèves sont confrontés chez eux.

De nombreux élèves peuvent avoir suffisamment de maturité, de concentration et d'autodiscipline pour apprendre de manière numérique, du moins une partie du temps. Outre les salles de classe virtuelles, il existe de nombreuses ressources en ligne pour les lycéens motivés qui souhaitent se préparer à l'université et au monde du travail. Ces plates-formes permettent aux étudiants d'accéder à des contenus qu'ils n'auraient peut-être pas autrement. Des plates-formes comme Open P-TECH, un ensemble de cours et d'évaluations gratuits et à rythme libre d'IBM qui proposent des programmes d'études techniques et professionnels, offrent du contenu aux étudiants qui ont des vues sur des carrières professionnelles liées aux STEM. Nombre de ces carrières ne nécessiteront pas un lieu de travail spécifique ; les diplômés chercheront des emplois pour lesquels la collaboration virtuelle est attendue, voire obligatoire.

Bien entendu, il est beaucoup plus difficile d'affirmer que les jeunes élèves de l'enseignement primaire tirent un grand profit de l'enseignement à distance et de la collaboration virtuelle. Leur capacité d'attention est limitée et le meilleur moyen de la saisir est de les rencontrer en personne. Pour les sujets plus complexes, les enfants ont besoin de l'attention, de la direction et du retour d'information que seul un enseignant dans la même pièce peut leur fournir. L'enseignement en personne est également essentiel pour de nombreux élèves ayant des besoins d'apprentissage particuliers.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Malgré les avantages que que pourraient offrir l'enseignement à distance pour les étudiants, il existe des inconvénients certains. D'une part, les humains ont une soif innée et s'épanouissent grâce aux interactions en face à face. Les salles de classe virtuelles mettent également à rude épreuve les parents qui doivent travailler à la maison ou à l'extérieur. De nombreux parents se retrouvent à jouer le rôle de professeur ou d'assistant du professeur, qu'ils aient le temps ou non. Et les élèves socialement marginalisés n'ont souvent pas la technologie nécessaire pour s'adapater aux classes virtuelles. Alors que de plus en plus de régions du monde sont désormais connectées, de nombreuses populations pauvres restent déconnectées, ce qui met leur avenir encore plus en danger.

En temps voulu, les salles de classe physiques rouvriront. D'ici là, de nombreuses écoles affirment qu'elles combineront cette année l'enseignement en personne et l'enseignement virtuel, ce qui peut être considéré comme un compromis nécessaire qui concilie les considérations de santé publique et d'éducation. Bien que cet arrangement ne soit pas idéal, il peut avoir une certaine valeur pour certains élèves. Tout comme la pandémie a accéléré l'adoption du télétravail, elle a également rendu certains élèves plus âgés davantage à l'aise avec l'idée de la collaboration numérique. Les compétences acquises pendant la pandémie pour naviguer sur ce nouveau terrain seront également utiles aux adolescents qui entreront sur le marché du travail dans les années à venir.