L'hiver dernier, l'Éducation nationale avait promis une revalorisation des salaires des enseignants pour 2021. Avec la crise du coronavirus, le maintien de cette mesure semblait menacé, mais, selon plusieurs sources, la revalorisation devrait finalement rester d'actualité bien qu'un peu moins importante que prévue. L'enveloppe, qui devait atteindre 500 millions d'euros, pourrait au final être comprise entre 350 et 400 millions d'euros. Des discussions avec les syndicats doivent encore avoir lieu pour fixer les détails et la mise en oeuvre de cette mesure. La revalorisation vise notamment à compenser la baisse envisagée du niveau des retraites et à augmenter les salaires en début de carrière, qui sont actuellement parmi les plus bas d'Europe.

Comme le montrent les dernières données de l'OCDE, un professeur dans un collège public en France gagnait en moyenne 27 500 euros bruts par an en début de carrière en 2018 et pouvait espérer dépasser les 33 000 euros après quinze ans d'expérience. En comparaison, un enseignant allemand gagnait en moyenne deux fois plus : soit 56 900 euros annuels à ses débuts et 68 600 euros au bout de quinze ans de carrière. Les Espagnols et les Néerlandais étaient également mieux lotis et pouvaient compter sur plus de 35 000 euros bruts par an à leur entrée dans le métier. Si les salaires les plus faibles d'Europe se trouvent dans les pays de l'Est, c'est bien en France et en Italie que l'on retrouve les rémunérations les moins élevées d'Europe de l'Ouest.

Bien entendu, il existe une corrélation avec le temps de travail annuel des enseignants. Ainsi, en Allemagne et en Espagne, on dénombre respectivement 747 et 713 heures d'enseignement par an au collège, soit plus qu'en France (684 heures) et qu'en Italie (626 heures). Cependant, même ramenés au nombre d'heures enseignées, les niveaux de rémunération reste toujours moins élevés pour les professeurs français et italiens en comparaison avec leurs homologues des pays précédemment cités.