*Une nouvelle enquête montre que plus de la moitié des adultes qui travaillent craignent pour leur emploi.

*Mais deux tiers des travailleurs sont optimistes quant à la possible requalification de leur emploi actuel.

*Les préoccupations en matière d'emploi et les possibilités perçues d'acquérir de nouvelles compétences varient considérablement d'un pays à l'autre.

Une nouvelle enquête Ipsos, menée pour le compte du Forum Économique Mondial, montre que plus de la moitié (54 %) des adultes actifs craignent pour leur emploi dans les 12 prochains mois. Ils sont plus nombreux à penser que leur employeur les aidera à requalifier leur travail actuel pour le transformer en un emploi d'avenir (67 %).

L'ampleur de l'écart entre l'optimisme concernant la reconversion et le pessimisme concernant les pertes d'emploi dépend de l'endroit où l'on vit.

La crise du COVID-19 a accéléré les tendances à l'automatisation et à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Des emplois vont certainement disparaître, pendant que de nouveaux emplois nécessitant des compétences différentes apparaissent.

Parallèlement, les gouvernements étudient les conséquences à long terme sur le marché du travail du maintien, du retrait ou de la poursuite partielle du soutien important qu'ils apportent aux entreprises pour couvrir les salaires et maintenir les emplois.

Il en résulte un marché du travail perturbé et des perspectives incertaines pour 2021.

La crainte de perdre son emploi

L'enquête menée auprès de 12 000 adultes ayant un emploi dans 27 pays révèle que sur les 54 % qui sont inquiets, 17 % sont "très inquiets" et 37 % "assez inquiets" de perdre leur emploi.

Le pourcentage de personnes qui craignent de perdre leur emploi l'année prochaine varie de 75 % en Russie, 73 % en Espagne et 71 % en Malaisie, à seulement 26 % en Allemagne, 30 % en Suède et 36 % aux Pays-Bas et aux États-Unis.

Perspectives de formation sur le terrain

L'enquête révèle également que deux tiers des adultes ayant un emploi pensent pouvoir acquérir et développer les compétences nécessaires aux emplois de demain par l'intermédiaire de leur employeur actuel : 23 % se sentent "tout à fait capables" de le faire, et 44 % "assez capables".

Dans les 27 pays, la capacité perçue d'apprendre et de développer ces compétences au travail est la plus répandue en Espagne (86 %), au Pérou (84 %) et au Mexique (83 %) et la moins courante au Japon (45 %), en Suède (46 %) et en Russie (48 %).

Du pessimisme lié à la perte d'emploi à l'optimisme retrouvé

Les pays où ceux qui pensent pouvoir acquérir de nouvelles compétences sont plus nombreux que ceux qui craignent de perdre leur emploi se trouvent aux États-Unis et en Allemagne.

À l'inverse, là où la crainte de perdre son emploi est plus répandue concerne la Russie et, dans une moindre mesure, la Malaisie, la Pologne, le Japon, la Turquie et la Corée du Sud.

Une révolution de compétences ?

Le prochain rapport du Forum Économique Mondial 2020 sur l'avenir de l'emploi révélera dans quelle mesure les employeurs sont déterminés à soutenir les travailleurs qui sont privés de leurs responsabilités ordinaires, et prévoient de faire passer nombre de ces travailleurs de leur emploi actuel à de nouvelles opportunités.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur les économies à court terme réalisées grâce aux licenciements ou à l'automatisation, les entreprises qui investissent dans le capital humain constateront qu'il existe des arguments financiers et non financiers convaincants en faveur de la requalification des travailleurs.

Un rapport antérieur du Forum Économique Mondial suggère que le capital humain est un atout crucial pour toute entreprise. Il souligne qu'à l'ère de l'omniprésence de la technologie, ce sont les compétences, la créativité et les capacités humaines qui constitueront l'avantage concurrentiel de toute organisation. Le financement et la mise en œuvre d'une "révolution des compétences" constituent un investissement essentiel pour les entreprises, les travailleurs et les économies.