*Les technologies émergentes seront essentielles pour résoudre les défis mondiaux comme la pandémie de COVID-19.

*Le Forum Économique Mondial et Scientific American ont identifié les 10 principales technologies émergentes de 2020.

*Elles comprennent, entre autres, les patients virtuels, l'hydrogène vert et la détection quantique.

Alors que la pandémie COVID-19 continue d'avoir un effet dévastateur sur les vies et les économies, le monde se tourne de plus en plus vers le monde scientifique pour y trouver des réponses et des solutions.

Les progrès technologiques ont toujours été des agents clés du changement. Au cours des deux dernières décennies, le monde a été témoin d'un rythme d'innovation technologique sans précédent, de l'informatique et de l'intelligence artificielle en passant par la biotechnologie et les nanotechnologies.

Le Forum Économique Mondial et Scientific American ont identifié les 10 technologies émergentes de 2020 dans leur rapport « Top 10 emerging technologies ». Les voici :

1.les micro-aiguilles pour des injections et des tests indolores

2.la chimie alimentée par le soleil

3.les patients virtuels

4.l’informatique spatiale

5.la médecine numérique

6.l’aviation électrique

7.le ciment à faible teneur en carbone

8.la détection quantique

9.l'hydrogène vert

10.la synthèse du génome complet

Ces technologies ont le potentiel de nous aider à résoudre certaines problématiques mondiales urgentes, mais elles présentent également des risques importants si elles sont mal utilisées et mal gérées. Voici trois points clés à retenir.

Image : Forum Économique Mondial

1. Les technologies émergentes peuvent être un allié crucial

Les technologies émergentes seront l'un de nos principaux alliés dans la lutte contre les problématiques mondiales, notamment la crise sanitaire actuelle, le changement climatique, la sécurité alimentaire, les pénuries d'eau et l'augmentation des besoins énergétiques.

Cette année, par exemple, nous avons assisté à un certain nombre de réalisations technologiques qui nous aideront à faire face aux perturbations que connaissent nos systèmes de santé. Les progrès réalisés dans la production de dispositifs à micro-aiguille, qui coûtent moins cher et sont plus faciles à utiliser, permettront à de nombreuses zones actuellement mal desservies d'avoir accès aux vaccinations - une évolution très encourageante, surtout à la lumière de la pandémie actuelle.

En outre, certains développeurs d'applications mobiles de santé ont réalisé des progrès dans la détection de rythmes cardiaques irréguliers pouvant être signe de problèmes graves, et d'autres applications de ce type sont en cours de développement pour détecter les symptômes liés à des maladies comme la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer et l'autisme.

Enfin, de grandes avancées dans nos capacités de numérisation nous permettent de recréer numériquement des organes humains, ce qui permettra bientôt de réduire considérablement le recours aux tests sur l’être humain, et, petit à petit, l'ensemble du génome humain, ce qui permettra aux médecins de guérir la plupart des maladies génétiques.

Pour faire face au changement climatique, de récentes avancées ont permis de doter nos économies d'outils pour réduire notre empreinte carbone. Il est de plus en plus facile d'utiliser l'énergie électrique pour produire de l'hydrogène (plutôt que d’avoir recours à l'utilisation traditionnelle de combustibles fossiles). Cela conduira à la production d'hydrogène sans carbone, que les experts jugent nécessaire pour atteindre l'objectif de l'accord de Paris.

L'énergie électrique est également prometteuse pour faire évoluer le secteur de l'aviation. De nombreuses entreprises, investisseurs et sociétés progressent dans le domaine des moteurs électriques qui, lorsqu'ils seront prêts, non seulement élimineront les émissions, mais réduiront aussi considérablement les coûts de carburant et de maintenance, ainsi que la pollution sonore. Un autre développement technologique susceptible de changer la donne est le ciment à faible teneur en carbone (ou même sans carbone). Le ciment étant le matériau de fabrication le plus largement utilisé, cela pourrait entraîner une réduction significative de nos émissions au niveau mondial.

Enfin, les percées technologiques qui augmentent l'efficacité de l'utilisation de l'énergie solaire pour convertir les déchets du dioxyde de carbone en produits chimiques utilisables pour les médicaments, les détergents, les engrais et les textiles promettent de transformer radicalement l'industrie chimique, potentiellement en une véritable économie circulaire sans déchets.

2. Mais nous devons aussi nous préparer aux risques liés à leur utilisation

Ces nouveaux outils puissants ne sont pas sans risque. Par exemple, de nombreuses solutions technologiques sont basées sur la data, et nous n'avons pas encore trouvé le moyen de garantir la sécurité et la confidentialité de ces données.

C'est notamment le cas des applications dans le domaine de la santé. L'ingénierie du génome complet pourrait conduire à une mauvaise utilisation accidentelle ou à sa militarisation. En ce qui concerne les dispositifs à micro-aiguille, on ne sait pas encore très bien comment l'âge et le poids du patient, la localisation de l’injection et la technique d'administration influencent l'efficacité de la méthode, ce qui pourrait conduire à des traitements inefficaces. Il est donc urgent que les utilisateurs comprennent les limites éventuelles et que les autorités sanitaires compétentes exercent un contrôle et une surveillance rigoureux.

Mais nous pouvons surmonter ces difficultés techniques et ces incertitudes. Par exemple, l'utilisation de l'hydrogène était autrefois considérée comme très dangereuse, mais grâce aux progrès technologiques, il est maintenant prouvé qu'il est plus sûr que les carburants traditionnels. Nous pouvons y parvenir grâce aux nouvelles technologies si nous accélérons la création et l'adoption de normes et de pratiques.

3. La collaboration sera essentielle pour en tirer profit

Même si les technologies émergentes sont prometteuses, elles ne peuvent pas être des agents de changement à elles seules. La collaboration entre les gouvernements, les entreprises, la communauté scientifique, les universités et le grand public est nécessaire, tant au niveau local qu'international.

D'une part, la plupart de ces technologies ont encore besoin de financements et de recherches pour pouvoir atteindre la maturité et le niveau de prix qui peuvent rendre leur intégration dans notre industrie et notre société viable et évolutive. Aucune entreprise ni aucun gouvernement ne peut garantir cela, de sorte que les secteurs public et privé doivent mettre en commun leurs ressources et partager leurs données de recherche, afin de s'assurer que la société parvienne à récolter les bénéfices de ces technologies le plus rapidement possible.

D'autre part, une grande partie des risques liés à ces technologies ne peut être traitée que dans le cadre de politiques mondiales, leur utilisation et leurs effets dépassant les frontières nationales. Les décideurs politiques doivent prendre des mesures coordonnées au niveau mondial pour établir de nouvelles réglementations. Les entreprises qui commencent à intégrer ces technologies doivent constamment échanger les meilleures pratiques et établir de nouvelles normes pour garantir que l’utilisation abusive de ces technologies sera réduite au minimum.

Un monde où nous avons réussi à réduire au minimum nos émissions de carbone, où les maladies génétiques sont éradiquées, et où nous pouvons diagnostiquer les maladies à un stade précoce et avec précision et les traiter efficacement sera bientôt techniquement réalisable. C'est maintenant aux décideurs du monde entier qu'il appartient d’en faire une réalité.