Il y a cinquante ans, en 1970, les huit pays qui émettaient le plus de gaz à effet de serre avaient rejeté ensemble environ 10,5 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. L'année dernière, le total des émissions des huit plus gros émetteurs s'élevait à environ 24,2 milliards de tonnes, soit une hausse de 130 %. Un coup d'œil à cette infographie, basée sur les données du Centre commun de recherche de la Commission européenne, permet de visualiser l'envolée des émissions des pays asiatiques, qui représentent désormais la majorité des plus gros émetteurs de dioxyde de carbone.

Avec 11,5 milliards de tonnes, la Chine est de loin le premier émetteur mondial de CO₂. Et bien que pays ait récemment entamé sa transition énergétique et se soit engagé à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, le gouvernement continue d'ouvrir de nouvelles centrales à charbon, ce qui pourrait bien compromettre cet ambitieux objectif. Troisième émetteur mondial, l'Inde est le pays qui a connu la plus forte croissance de ses émissions de carbone entre 1990 et 2019. Au cours de cette période, les émissions du pays ont augmenté d'environ 330 %, allant de pair avec sa fulgurante croissance économique.

Si la taille de la population joue naturellement un rôle sur le volume des émissions (voir émissions par habitant), il faut aussi garder en tête qu'une bonne partie du CO₂ rejeté par certains pays est liée aux produits exportés et consommés en Occident. Avec la mondialisation, l'économie a massivement délocalisé sa production industrielle dans les pays émergents, notamment en Chine, qui concentre aujourd'hui plus de 28 % de la production manufacturière mondiale. Ce déménagement des activités de production s'est donc logiquement accompagnée d'une délocalisation de la consommation énergétique et des émissions de dioxyde de carbone.