Nous avons l'habitude d'évaluer le réchauffement climatique à l'augmentation de la température de notre atmosphère. Mais des chercheurs nous rappellent aujourd'hui que les océans du monde se réchauffent également. En 2020, ils ont atteint une température record.

En 2020, les taux de CO2 dans l’atmosphère ont encore augmenté. Les températures ont grimpé. Y compris celles de l'océan, nous confirme aujourd'hui une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs. Entre la surface et une profondeur de 2.000 mètres, jamais depuis 1955, les températures moyennes de l'océan n'avaient été aussi élevées que dans le courant de l'année dernière.

Jusqu’à 200 mètres de profondeur, la température moyenne de l’océan est de l’ordre de 17,5 °C. Puis, elle décroît rapidement pour s’uniformiser entre 0 et 3 °C vers 2.000 mètres de fond. Au final, la température moyenne de l’océan est évaluée à 3,5 °C environ.
Jusqu’à 200 mètres de profondeur, la température moyenne de l’océan est de l’ordre de 17,5 °C. Puis, elle décroît rapidement pour s’uniformiser entre 0 et 3 °C vers 2.000 mètres de fond. Au final, la température moyenne de l’océan est évaluée à 3,5 °C environ.
Image : vovan, Adobe Stock

Se basant sur des mesures présentes dans une base de données mondiale, les chercheurs ont calculé qu'en 2020, les océans ont absorbé 20 zettajoules (ZJ) - soit 20x1021

joules - de plus qu'en 2019. Une quantité de chaleur qui suffirait à faire bouillir 1,3 milliard de bouilloires contenant chacune 1,5 litre d'eau ! Notez tout de même que si l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) arrive à la même conclusion d'une augmentation de la température de l'océan depuis 2019, ses chiffres sont plus modérés - seulement 1 ZJ de chaleur supplémentaire absorbée. Le tout confirmant tout de même une tendance de fond.

Les anomalies – par rapport à la moyenne de 1981-2010 – de teneur en chaleur de l’océan, en zettajoules (ZJ), depuis 1958.
Les anomalies – par rapport à la moyenne de 1981-2010 – de teneur en chaleur de l’océan, en zettajoules (ZJ), depuis 1958.
Image : © Lijing Cheng et al.

Ne pas négliger l’importance de l’océan

Heureusement, l'océan est vaste. Il ne bout pas. En absorbant une grande quantité - les chercheurs parlent de 90 % - de la chaleur excédentaire, il amortit le réchauffement climatique. Mais à quel prix ? Celui de modifications de salinité et d'une stratification accrue. Celui d'une lente libération de cette chaleur accumulée également, de quoi entretenir les effets sur le long terme. Même après l'arrêt de nos émissions de CO2.

Plus immédiatement, des océans plus chauds favorisent des pluies plus intenses, et des ouragans et des typhons plus puissants. Avec les inondations et les dégâts matériels et humains qui peuvent les accompagner. D'où l'importance de ne pas oublier de considérer l'océan lorsque des politiques de lutte contre le réchauffement climatique sont mises en place.

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