Il est temps de faire le point sur cette question qui préoccupe tout le monde. Cela tombe plutôt bien, un récent rapport du Forum Economique Mondial, « The Futur of Jobs Report », vient de produire un panorama particulièrement détaillé sur la question.

La première remarque qui peut être faite, et elle n’étonnera personne, est que « la donnée » et le traitement statistique vont prendre un poids de plus en plus important, tout comme « le cloud » et les applications mobile. Pas d’inquiétude cependant, personne ne s’intéresse vraiment aux Robots humanoïdes tout du moins dans les projets d’investissement des entreprises. Nous laisserons cet avenir aux films de Science fiction.

Message 1 : c'est l’émergence des outils d’aide à la décision et la robustesse de ses données déclinée sur différents canaux qui bouleversent les métiers de demain.

Dans ce cadre, un certain nombre de métiers vont devenir redondants : les commis à la comptabilité et à la saisie de données, certains ouvriers d’usine, les caissiers, les mécaniciens, les guichetiers, les conducteurs d’automobiles, certains métiers du droit, certains métiers de compatibilité, les réparateurs, les agents et courtiers…

Message 2 : plus les métiers vont être routiniers et manuels, plus ils auront vocation à disparaître, ou du moins un certain nombre de tâches. Certains métiers cognitifs mais routiniers ne seront pas épargnés. Les métiers d'analyse et d'interprétation vont être préservés. En clair, on passera de plus en plus des Hard Skills vers les Soft Skills.

Les nouveaux métiers sont tous liés à l’utilisation et la capacité d’interprétation de la donnée structurée autour de plateformes digitales : les analystes et les scientifiques, les spécialistes de l’intelligence artificielle, les spécialistes du Big Data, les spécialistes de la transformation numérique, les spécialistes des nouvelles technologies, les professionnels de l’innovation. Ces différents ensembles vont à l’avenir se structurer de plus en plus autour de l’expérience utilisateur, c’est-à-dire des « use cases » .

Robot works at a warehouse of Cainiao, Alibaba's logistics unit in Wuxi, Jiangsu province, China October 26, 2020. Picture taken October 26, 2020. REUTERS/Aly Song - RC2VQJ9TTS03
Ce robot travaille dans un entrepôt de Cainiao, l'unité logistique d'Alibaba à Wuxi, dans la province du Jiangsu, en Chine, le 26 octobre 2020.
Image : REUTERS/Aly Song

Message 3 : les métiers de demain devront s’aligner sur les nouvelles demandes des consommateurs, des clients internes et des partenaires prestataires. Un certain nombre de moyens qui ne sont autres que des outils fulgurants d’aide à la décision vont être déployés pour faciliter l’interaction en temps réel et agile avec la clientèle.

Ces changements ne seront pas sans conséquence sur l’organisation du travail. Les robots qui intègrent justement de l’intelligence artificielle vont bouleverser la chaine de valeur en réduisant la force de travail dans un premier temps. Cela dit, comme toute innovation, le principe de destruction créatrice va émerger par la suite pour créer de nouveaux métiers en un second temps. Le solde au final sera donc positif et c’est une bonne nouvelle à condition de s’adapter. La localisation des opérations et le télétravail vont se déployer à vitesse grand V. Avec le rôle de la donnée, ces modifications dans l’organisation du travail vont augmenter le temps que nous allons consacrer au raisonnement et à la prise de décision, à la coordination, au développement, à la communication et aux interactions, à l’administration et aux activités complexes et techniques.

Message 4 : la place de la donnée va modifier en profondeur l’organisation du travail qui elle-même aura vocation à optimiser l’utilisation des données. Les demandes de compétences vont donc évoluer vers la recherche d’une pensée analytique capable de résolution de problèmes complexes - créativité, originalité vont aller de pair.

Dans le domaine du secteur bancaire et financier, c’est surtout le Big Data et les applications mobiles qui ressortent du lot. L’apprentissage machine, le cloud et tous les systèmes de cryptage ainsi que le commerce digital, enfin la blockchain.

Le terme Big Data est apparu dans les années 60, mais il est aujourd’hui en train de prendre une toute nouvelle importance.
Le terme Big Data est apparu dans les années 60, mais il est aujourd’hui en train de prendre une toute nouvelle importance.
Image : REUTERS/Pawel Kopczynski

Message final : plus le secteur en question dispose d’actifs physiques faibles par rapport aux autres actifs comme le goodwill, plus le rôle de la donnée sera central et plus les 4 messages précédents vont se consolider dans le temps en se renforçant par encrage sur « use cases ». Certains métiers vont disparaître en un premier temps, d’autres s’enrichir, et d’autres encore apparaître.

L’étude du Forum Economique Mondial conclut par une analyse incrémentale particulièrement intéressante, sur les profils Linkedin les plus recherchés de 2013 à 2017. Sans grande surprise, on trouve en tendance de fonds, une forte croissance des ingénieurs logiciels, des analystes, des spécialistes experts, du marketing produit, etc. À vos formations donc !

« Les innovations du numérique viendront des gens capables d'associer la beauté à l’ingénierie, l'humanisme à la technologie et la poésie aux processeurs (...) Elle viendra des créateurs aptes à s'épanouir là où les arts et les lettres rencontrent les sciences, et dotés d'un sens de émerveillement rebelle... » Walter Isaacson[1].