*De nouvelles possibilités s'ouvrent aux entreprises des économies en développement pour qu'elles prennent l'initiative de relever certains des défis les plus difficiles à résoudre dans le monde.

*Voici trois étapes pour permettre des entreprises plus durables dans les économies émergentes.

L'année dernière, alors que les entreprises du monde entier recadraient leurs engagements en matière de durabilité en vue d'atteindre les objectifs de développement durable d'ici 2030, personne ne s'attendait à être confronté à une pandémie mondiale ayant entraîné des changements aussi importants.

La tâche de faire face à la pandémie a retenu toute notre attention. Dans le même temps, il est de plus en plus urgent de s'attaquer au programme mondial sur le climat et le développement durable afin de protéger le patrimoine mondial.

Du plaidoyer à l'action

Ce que nous avons appris collectivement au cours de la dernière décennie - alors que nous entrons dans une période ponctuée par une pandémie - c'est qu'un changement fondamental et une action réelle sont nécessaires.

Les années qui ont suivi immédiatement le sommet de Copenhague en 2009 ont été caractérisées à bien des égards par la sensibilisation et l'activisme. Ce plaidoyer a joué un rôle important en aidant la communauté mondiale et les entreprises à comprendre et à accepter que le changement climatique doit être combattu. Elle a ouvert la voie à l'évolution des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies en objectifs de développement durable, ainsi qu'à des vagues d'engagements des entreprises en faveur de la durabilité et de la nature.

Au moment de la conférence des Nations unies sur le changement climatique à Paris (COP21), il était clair pour la plupart des gens que la lutte contre le changement climatique nécessitait un objectif commun. La société dans son ensemble a adopté des objectifs tels que le maintien du réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2˚C.

Mais à l'approche de 2021, les actions de sensibilisation du haut vers le bas sont insuffisantes pour faire la différence. La durabilité doit être à la fois intégrée dans les approches de l'élaboration des politiques et alignée sur la croissance des entreprises selon une approche ascendante pour résoudre le défi climatique qui nous attend. Cela est particulièrement important dans les pays émergents, où le programme mondial en matière de climat et de durabilité peut être perçu comme un obstacle au développement dans le cadre de leur programme souverain.

Les ONG, les organisations de la société civile et les agences multilatérales doivent s'associer aux gouvernements et aux entreprises pour parcourir ensemble ce chemin difficile et complexe de la mise en œuvre des politiques. Tous les modèles et toutes les méthodes ne seront pas couronnés de succès, mais en adoptant une approche d'apprentissage par la pratique, un certain nombre de projets pilotes fructueux pourront être reproduits à l'échelle. Ce n'est qu'au cours d'un tel parcours que la camaraderie pourra se forger et la confiance se gagner entre les organisations pour s'attaquer conjointement au programme sur le climat et la durabilité.

Arguments en faveur des économies en développement

Les pressions sur le capital naturel ne feront qu'augmenter alors que les économies émergentes se préparent à la reprise dans un contexte d'augmentation de la population et de la demande des consommateurs. Cela a ouvert de nouvelles possibilités aux entreprises des économies en développement pour qu'elles prennent l'initiative de relever certains des défis les plus insolubles du monde. Ces mêmes entreprises qui ont contribué à sortir des milliards de personnes de la pauvreté opèrent à l'intersection de la durabilité et du développement.

Il existe trois besoins urgents pour permettre des activités plus durables dans les économies émergentes :

1. La protection de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources dans la production doivent aller de pair. De tels modèles résolvent le dilemme du financement, où la production finance l'investissement dans des solutions basées sur la nature et l'innovation circulaire.

2. La collaboration au niveau du paysage est essentielle pour réaliser un contrat de production-protection entre les acteurs sur le terrain. Les gouvernements et les entreprises des économies émergentes s'ouvrent à de nouvelles façons d'investir dans la protection de la biodiversité, la conservation et la restauration des forêts, et de résoudre les problèmes grâce à des partenariats ayant un objectif commun.

3. La nécessité de faire preuve d'action, d'agilité et de rapidité. Libérées des pratiques et approches traditionnelles, les choses peuvent aller plus vite dans le monde émergent, ce qui se traduit par des progrès et des actions rapides pour créer une dynamique jusqu'en 2030. Essayer quelque chose et apprendre par la pratique est préférable à ne rien faire du tout.

Transformer pour la décennie

Il est encore plus urgent d'adopter ces méthodes de gestion du climat, de la nature et du développement durable si nous voulons parvenir à une forte reprise. Dans les économies émergentes, nous pouvons être des facilitateurs de changement en déployant nos ressources financières et techniques en collaboration avec les gouvernements et les communautés pour mettre en œuvre des solutions durables qui équilibrent les besoins du climat, de la nature, des personnes et de la croissance des entreprises.

Ce qui est bon pour l'environnement peut aussi être bon pour les entreprises. Il est facile de tomber dans l'erreur vicieuse selon laquelle la seule façon de développer son entreprise est de faire des compromis en matière d'environnement. Nous avons renouvelé nos engagements afin de tracer la voie de la durabilité pour les dix prochaines années, en nous fixant des objectifs ambitieux pour 2030. Nous voulons avoir un impact positif sur le climat, la nature et les gens.

Nous devons transformer nos entreprises en adoptant l'innovation et la circularité. Nous devons intégrer de nouveaux mécanismes pour garantir que les revenus des activités de production soutiennent en permanence les nouveaux objectifs de durabilité visant à atteindre des émissions nettes de carbone zéro pour l'utilisation des terres, des gains positifs mesurables dans la nature, y compris la restauration des forêts, la conservation et la protection de la faune et de la flore, et l'élimination de l'extrême pauvreté dans nos communautés. Plus important encore, nous devons aligner les ICP et les mesures de nos organisations afin que la durabilité environnementale et la croissance des entreprises soient du même côté de l'équation, et non pas des côtés opposés.

Le changement climatique ne connaît pas de frontières entre les nations. Dans la décennie à venir, nous devons concrétiser les engagements et les promesses. Si la sensibilisation et le débat ont encore un rôle à jouer, nous devons exploiter la même passion pour la sensibilisation et la transformer en une action vigoureuse sur le terrain et tenter de trouver des solutions audacieuses mais pragmatiques si nous voulons faire de cette période une décennie d'action pour tous.