Selon un sondage, le public soutient massivement l'interdiction de la pêche des espèces menacées

Publié
07 jan. 2020
2020
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● Une nouvelle enquête internationale montre que trois adultes sur quatre déclarent qu’il faut interdire la pêche des espèces menacées (77 %) et mettre fin aux subventions gouvernementales à la pêche, qui conduisent à la surpêche et à la pêche illégale (73 %).

● Ce sondage survient alors que les membres de l'Organisation mondiale du commerce subissent des pressions pour mettre un terme aux subventions à la pêche qui épuisent les stocks de poissons et menacent la sécurité alimentaire de millions de personnes.

● L' an dernier, plus de 2,5 millions de dollars par heure, soit 22,2 milliards de dollars par an, de fonds publics ont été dépensés en subventions à la pêche préjudiciables.

Genève, mardi 7 janvier 2020 - Plus de sept adultes sur dix achetant régulièrement des produits de la mer (77 % dans le monde) soutiennent l'interdiction de la pêche des espèces menacées, selon une nouvelle enquête commandée par le Forum Économique Mondial et menée par le groupe Ipsos.

Le soutien des consommateurs aux politiques de lutte contre la surpêche est également très présent : 73 % sont d'accord avec l'interdiction des subventions gouvernementales à la pêche, qui contribuent à la surpêche, à la surcapacité et à la pêche illégale - un objectif clé des objectifs de développement durable. Plus de sept adultes sur dix soutiennent également l'interdiction de vendre des espèces de poissons menacées dans les magasins et les restaurants.

Les résultats sont disponibles ici.

Ils coïncident également avec une étape critique de négociations d'un accord à l'Organisation mondiale du commerce pour mettre fin aux subventions à la pêche préjudiciables d'ici mi-2020. Arriver à un accord est l'un des objectifs de développement durable, convenus par tous les États membres de l'ONU.

« D’après les résultats de ce sondage, les citoyens du monde soutiennent massivement la fin de la surpêche et des politiques qui menacent la santé des océans. Chaque année, des produits de la mer équivalant à plusieurs milliards de dollars sont pêchés illégalement dans l'océan - volés aux communautés, aux pays et à la gestion scientifique. Les consommateurs ne devraient pas et ne souhaitent pas être les destinataires de biens volés. Les dirigeants mondiaux disposent d’un mandat plus fort que jamais de la part des populations du monde entier d’apporter des changements positifs », a déclaré l'ambassadeur Peter Thomson, Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'océan et co-président de Friends of Ocean Action (un groupe de plus de 50 leaders mondiaux, convoqués par le Forum Économique Mondial et le World Resources Institute).

L'enquête a interrogé 19 517 adultes de moins de 75 ans dans 28 pays. Elle s’est renseignée auprès des 14 057 adultes (71 %) qui achètent du poisson au moins une fois par mois sur leur comportement vis-à-vis de la pêche durable et des politiques de lutte contre la surpêche.

Interrogées sur leur comportement vis-à-vis de la pêche durable, plus de 70 % des personnes qui achètent régulièrement du poisson ont déclaré que chacun des critères suivants était très ou plutôt important pour elles au moment de choisir un type de poisson spécifique :

· Pas sur une liste d'espèces menacées de disparition (à savoir, la population a-t-elle fortement diminué ?) ? Important pour 81 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 70 % et 91 %).

· Attrapés ou élevés de manière durable de manière à ne pas entraîner de déclin de la population de poissons au fil du temps ? Important pour 80 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 73 % et 89 %).

· Attrapés ou élevés localement ? Important pour 72 % des personnes, dont une majorité dans chaque pays (de 52 % au Japon à 86 % au Pérou).

Interrogés sur les politiques de lutte contre la surpêche, 70 % de tous les adultes étaient fortement ou plutôt en faveur des politiques suivantes et moins de 10 % y étaient fortement ou plutôt opposés :

· Interdire la pêche de toutes les espèces menacées : soutenu par 77 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 66 % et 91 %) ; contre 7 %.

· Interdire aux magasins et aux restaurants de vendre des espèces de poissons menacées : soutenu par 77 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 66 % et 90 %) ; contre 7 %.

· Interdire les subventions gouvernementales à la pêche, qui contribuent à la surpêche, à la surcapacité et à la pêche illégale : soutenu par 73 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 65 % et 87 %) ; contre 7 %.

· Obliger les magasins et les restaurants à informer les consommateurs sur le statut de menace des espèces de poissons qu'ils vendent : soutenu par 71 % des personnes, dont une grande majorité dans presque tous les pays (entre 60 % et 85 %) ; contre 8 %.

Les entreprises, les gouvernements et la société civile intensifient leurs efforts pour apporter des changements systémiques à fort impact aux relations de l'humanité avec l'océan.

En octobre, Sir David Attenborough, les Friends of Ocean Action, le Forum Économique Mondial et le WWF ont diffusé un puissant message vidéo à l'intention des délégués commerciaux lors de leur rencontre à l'OMC. Regarder la vidéo sur https://wef.ch/overfishing.

Les Friends of Ocean Action ont exposé leur vision sur la fin de la pêche illégale dans le Pacifique dans un article de Jim Leape, codirecteur du Stanford Center for Ocean Solutions.

Plus de 2,5 millions de dollars par heure - 22,2 milliards de dollars par an - de fonds publics sont consacrés à des subventions à la pêche préjudiciables, selon une analyse de Marine Policy, l'étude des subventions à la pêche la plus récente et la plus complète produite à ce jour. Mais l'industrie des produits de la mer gagnerait 53 milliards de dollars par an grâce à une augmentation des stocks marins si ces subventions nuisibles étaient supprimées, selon la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences. L'amélioration de la gestion mondiale des pêches peut également apporter des gains économiques estimés à 83 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

Plus de 59 millions de personnes travaillent dans les domaines de la pêche et de l'aquaculture et des centaines de millions utilisent les produits de la mer comme principale source de protéines. Ces moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des populations sont menacés par la baisse des stocks de poissons.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, plus de 33 % des poissons du monde sont pêchés à des niveaux non durables d’un point de vue biologique, tandis que 60 % sont pleinement exploités - pourtant près d'un poisson sur trois pêché dans le monde n’arrive jamais jusqu’à l'assiette. Pendant ce temps, la demande de nourriture venue de l'océan augmente en raison d'une population croissante et de plus en plus urbanisée.

« Plus de 20 milliards de dollars de fonds publics sont dépensés chaque année dans des subventions à la pêche préjudiciables, dont plus de 80 % vont aux flottes industrielles. Ces flottes chassent des stocks halieutiques en baisse et se livrent dans certains cas à la pêche illégale. Ces fonds seraient beaucoup plus utiles aux communautés côtières qui doivent s’adapter au climat », a déclaré l'ambassadeur Thomson.

Les militants soutiennent qu'un accord commercial mondial mettant fin aux subventions à la pêche préjudiciables est une étape vitale pour sauver les océans, avec des retombées positives pour d'autres domaines de l'océan et de la santé humaine.

Notes aux rédacteurs

Regarder la vidéo https://wef.ch/overfishing

À propos de Friends of Ocean Action : www.friendsofoceanaction.org

À propos du Forum Économique Mondial : www.weforum.org

À propos du World Resources Institute : www.wri.org

Plus de détails sur l'ODD14 et les quatre objectifs convenus par tous les membres des Nations Unies à atteindre d'ici 2020 : https://oceanconference.un.org/sdg14

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